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Reviews Designed for Disaster

Rythmes Croisés

Formé il y a déjà dix-huit ans mais restant encore aujourd’hui trop discret dans le paysage hexagonal et évidemment ignoré des médias comme du public, le groupe français de rock progressif instrumental avant-gardiste YANG, créé par le compositeur et guitariste Frédéric L’ÉPÉE (ex-SHYLOCK, PHILHARMONIE) revient à la charge avec un quatrième album intitulé Designed for Disaster, (« Conçu pour le désastre ») comme si le groupe savait déjà à l’avance le sort qui allait être réservé à ce disque. À moins qu’il ne cherche à conjurer le sort en faisant montre d’un humour noir que l’illustration de pochette renforce magistralement. Mais il est évident que ce titre peut être interprété à différents niveaux et qu’il renvoie aussi et surtout à la situation dans laquelle le monde a plongé suite à l’expérience pandémique.

Toujours constitué de Frédéric L’ÉPÉE et de Laurent JAMES, qui se partagent les guitares, Nico GOMEZ à la basse et Volodia BRICE à la batterie (formation stable depuis l’album Machines), YANG est adepte des textures, des entrelacs et des contrepoints guitaristiques, des lignes de basses robustes et mélodiques et des rythmiques complexes avec un jeu de batterie à la fois précis, nuancé et foisonnant, aux caisses comme aux cymbales. Sa musique porte évidemment l’empreinte d’un rock progressif aventureux et sinueux à la KING CRIMSON, particulièrement décelable dans le vigoureux Collision Course et dans le sombre et menaçant Disentropy, mais aussi celle des formations connexes de Robert FRIPP, telle la LEAGUE OF CRAFTY GUITARISTS, comme on peut l’entendre dans les sinueux Migrations et La Voie du mensonge. Frédéric L’ÉPÉE revendique également pour cet album l’inspiration de la musique baroque et celle du minimalisme à la Steve REICH, dont YANG peut passer pour une version plus électrique en format resserré.

Co-produit par Frédéric L’ÉPÉE et par Markus REUTER (STICK MEN, CRIMSON PROJEKCT, CENTROZOON…), ce nouvel album se distingue des trois précédents par une particularité bien inattendue de la part d’un quartette que l’on a toujours connu instrumental : on y entend des mots ! Cela peut paraître d’autant plus singulier que le précédent album de YANG avait pour titre « La Faillite des mots » (The Failure of Words). On se souvient également que le dernier album du précédent groupe de Frédéric L’ÉPÉE, PHILHARMONIE, s’intitulait Le Dernier Mot. Mais YANG n’a jamais dit jamais…

Et comme par esprit de contradiction ou par ironie, il y a dans Designed for Disaster un morceau judicieusement nommé Words, dans lequel les quatre musiciens égrènent en chorus avec des voix rauques et outre-tombales des mots monosyllabiques qu’ils font tourner comme des mantras. Ils sont toutefois proférés en sourdine, quasiment masqués (c’est tendance…) par la matière musicale mise en branle avec force distorsions guitaristiques et rythmes martiaux, mais on les capte quand même, et ils agissent comme une texture supplémentaire pour ajouter du relief à l’atmosphère menaçante de la pièce, et ça fait son effet ! Serait-ce une exception à la règle instrumentale de YANG ? Non.

Car l’inclusion de mots ne s’arrête pas à Words. En amont dans le disque, et à vrai dire dès le morceau d’introduction, Descendance, YANG accueille pour la première fois une voix, en l’occurrence celle de la chanteuse d’Ayşe Cansu TANRIKULU. Il ne s’agit pour autant pas d’une chanson, au sens convenu du terme. La chanteuse décline quelques phrases imbibées d’interrogations existentielles au sein d’une composition qui reste dominée par les développements instrumentaux auxquels YANG nous a habitués. Le chant intervient donc comme une « voix » supplémentaire, sans pour autant verser dans le « vocalisme » ou le « bruitisme ». Il est bien question ici de texte chanté.

Et Descendance n’est pas davantage que Words une exception, puisque l’on retrouve la voix d’Ayşe Cansu TANRIKULU sur quatre autres pièces (Migrations, Flower You et Despite Origins, ainsi que sur le déjà cité Words, mais de manière plus « chorale »). Cependant, sa présence ne change aucunement l’identité musicale de YANG, qui n’est pas devenu un groupe accompagnant une chanteuse égocentrique qui accaparerait tout le terrain… Non, sa voix n’intervient que sur certaines séquences, toujours posée et nuancée, sans excès ni éclat, laissant les éventuels élans écorchés aux guitares. Du reste, il est symptomatique que la voix se fait surtout entendre dans les moments plus pondérés de la musique de YANG ; on ne l’entend guère dans les passages plus énervés ou rageurs (même si, chez YANG, tout est affaire de mesure, de contrôle et de nuance).

Il faut dire aussi que les textes ne sont pas du genre à verser dans la prolixité, mais plutôt dans la fragmentation et dans la concision, un choix que Frédéric L’ÉPÉE tient de son attrait pour la poésie chinoise ancestrale, dans laquelle les phrases sont de préférence concises, et où les verbes et adverbes ne sont versés qu’au compte-goutte rigoureux, privilégiant davantage l’image et l’ambiance. Flower You n’est ainsi composé que de quelques expressions déclinées (« Unintentional Behaviour, Unintentional Decay (…) Unconditional Protection, Unconditional Repair… »).

Et on retrouve dans Despite Origins un procédé proche de celui de Words, à savoir des mots – ou des groupes de mots – mis bout à bout et scandés par l’ensemble du groupe sur un ton sentencieux, ténébreux, aux accents « orffiens » (donc on ne vous en voudra pas si vous les trouvez aussi « magmaïens »…). On remarquera au passage que les mots proférés dans Despite Origins et dans Words proviennent de langues différentes (l’anglais, l’allemand, le français, et même un peu d’italien), et que leur enchaînement met en valeur leur musicalité.

Loin d’avoir eu l’intention de faire un album de chansons, YANG emploie la voix et les mots bien plus pour suggérer des impressions que pour communiquer un sens, même si les textes font montre d’une indéniable profondeur. Très loin d’être un « désastre », Designed for Disaster est non seulement un album de haute volée dans lequel les fans de YANG retrouveront tout ce qui fait le sel de sa musique, mais il fait de plus montre d’un renouvellement créatif tout à fait bienvenu et pertinent.

Stéphane Fougère

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Exposé Online

It’s been a good five years since we heard from Yang, on their 2017 album The Failure of Words, though the instrumentalists remain the same since their 2010 album Machines. First and foremost among them is group composer Frédéric L’Épée, whose legacy goes back to the 70s with the two albums he released with his band Shylock.

Throughout the 90s, L’Épée released five outstanding albums with his guitar trio Philharmonie, eventually expanding to a quartet with the addition of a drummer and Bernard Ros switching from third guitar to Chapman Stick, which gave the quartet a more incisive sound, but by the end of the 90s Philharmonie had run its course, and by 2002 L’Épée was at work on his next endeavor, the more rock-oriented Yang.

The crew this time has been the same since Machines, with L’Épée handling guitars and synth, longtime drummer Volodia Brice, guitarist Laurent James, and bassist Nico Gomez, together creating a unique sound that at times could be considered something of a complex math-rock, at other times more in line with progressive rock, but always unpredictable and interesting.

Like last time, the album is co-produced by L’Épée and Markus Reuter. The one thing that makes Designed for Disaster radically different than any previous Yang album is the inclusion of vocals and lyrics on five of the album’s twelve tracks, courtesy of guest singer Ayşe Cansu Tanrikulu. Her clear and angular voice often gives those tracks something of a Canterbury flavor (think Hatfield, or even Thinking Plague), with opener “Descendance” being a perfect example of the fusion of guitar complexities with female voice.
On the heavier, near post-rock “Words,” the lyrics just seem to be a collection of random words in a variety of languages, with all of the members participating.
Between the longer compositions, there are some shorter interludes that make for more interesting transitions between the numbers, and while one can recognize that one of L’Épée’s primary influences is Robert Fripp, nothing here really sounds like anything Fripp or Crimson has done before. The near-eleven minute “Migrations” is one of the album’s finest vocal pieces, a complex twist of intertwining guitar parts and shifting ideas as it proceeds along its path.

All taken, Designed for Disaster stands as Yang’s strongest effort to date.

Peter Thelen

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DMME - Let it Rock

Finally finding a voice to deepen the meaning of their instrumental narrative, international collective throw defiance in the face of adversity. This ensemble seemed to embrace defeat on "The Failure Of Words" in 2017, that album’s follow-up, the band’s fourth enterprise, displays a different attitude yet apparently continues the theme of its impressive predecessor, as envisioned by guitarist and composer Frédéric L’Epée. “Designed For Disaster” has a vague concept whose flow is of utmost importance because that’s where the record’s inner logic and melodic cohesion meet to create a mesmeric, if deliberately troubled, experience, three brief interludes providing more than relief from sonic onslaught when they draw mood-dividing lines between various sorts of storms and occasional aural oases of calm. So while there’s there’s merry menace in L’Epée and Laurent James’s delicate picking and heavy riffs on opener “Descendance” whose stereo-panned harmonies offer lift such advice as “If the moment feels unsafe, maybe easy again to disconnect” to the rippling surface to disorient the listener, the raging swirl of “Collision Course” will be electronically whipped into a frenzy and pushed towards a Frippetronic terrain. But though “Disentropy” rearranges its faux-orchestral disarray into an enchanting folksy gossamer, prodded by exquisite bass, nothing can beat the album’s central triplet. Once there, going past the “Golem” hint, the group play the role of a demiurge and sculpt “Words” as a chthonic chorale in which every single-syllable lexeme, plucked from different languages, is spectacularly hefty, before urging romantic strum and Ayşe Cansu Tanrikulu’s quasi-operatic vocalese to unfold “Flower You” into a gorgeously angular, albeit diaphanous and detailed, and increasingly insistent, ballad. These two stylistic strands are grafted upon each other in “Despite Origins” to deliver a devilish, baroque-scented oratorio for a finale, after “Unisson” has drifted back to pellucid, crimson-tinted worry, the tenderly relentless, yet slightly alien, “Migrations” revealed a few wildly rocking licks during a filigree solo, and “La Voie Du Mensonge” released a gloomy twang into the ether. The result of it all may be slightly disorientating but rapturous, and this is the development that’s impossible to ignore.

Dmitry M. Epstein

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Anne Carlini

This quite tantalizingly mesmeric new album opens on the tantalizingly melodic jest of Descendance and the aptly-named fervency of Collision Course and then seamlessly backs those up with the spiritual, otherworldly rhythms of Disentropy, the stoically-imbibed Interlude - Golem, the ominously phantasmal Words, and then comes the ornate prog-guitar rock of Flower You. Next up is this highly impressive new album produced by L’Épée and Markus Reuter is the dulcet, yet always innately complex rhythms within Unisson which is itself followed by the poised Interlude - Echo, the near-eleven minute, and astutely vocalized Migrations, then comes the flushed ambiance of La Voie Du Mensonge, the album rounding out on Interlude - Décombres, coming to a close on the aura-imbibed majesties found within Despite Origins.

Russel Trunk

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DISK UNION

KING CRIMSONに強く影響を受けた仏産Progressive RockバンドSHYLOCK/PHILHARMONIEの中心として活躍したFrédéric L'Epée(g)を中心に結成された仏産Avant Fusion/Rockバンド、'22年作が登場!前作から5年ぶり、デビュー作以来18年ぶりの米Cuneiform復帰作、デビュー作から一貫するポリリズミックなgリフ/アルペジオを核とするテクニカルなアンサンブルを継承しつつ、欧州Jazzシーンで活躍するAyşe Cansu Tanrikulu(vo)をゲストに迎え、従来作にはない“声”の要素を導入。'Descendance''Flower You'等先の新要素であるヴォーカル曲のセンシティヴな内省感と'Collision Course''Words'等前作で打ち出したツインgのアブストラクトかつスリリングな絡み/対比を発揮したロック的ダイナミズムが交錯し生み出される、前作から進化した独自のダークで攻撃的なAvant/Avan Jazz Rockが味わえる1枚です!!

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Eclipsed Magazine

In ihrer 20-jährigen Bandgeschichte brachten es Yang bislang gerade mal auf drei Alben, von denen das letzte, „The Failure Of Words“, vor fünf Jahren er- schien. Mit „Designed For Disaster“, das wie der Vorgänger von Markus Reuter (Stick Men) co-produziert wurde, knüpft das französische Quartett um den in Berlin lebenden Gitarristen und Komponisten Frédéric L’Epée an seine Prog-/RIO-Tugenden an, fügt diesen aber auch einige neue Facetten hinzu. Zum einen ist die Musik nicht mehr aus- schließlich instrumental: In fünf Stücken wird die Band von der Jazzsängerin Ayşe Cansu Tanrikulu unterstützt. Die Texte sind allerdings nicht narrativ, sondern vermitteln lediglich Impressionen. Zum anderen spürt man öfters den Einfluss von Minimal-Music-Ikone Steve Reich, wobei die repetitiven Elemente aber nie die Oberhand gewinnen. Schon vom Konzept her passt „Designed For Disaster“ perfekt in die heutige Zeit: Der Albumtitel deutet an, dass die Menschheit auf dem besten Wege ist, sich selbst auszulöschen. Gleichwohl klingt die Musik nicht hoffnungslos und ist außerdem extrem ausgetüftelt. Anders ausgedrückt: Hier sitzt jeder Ton an der richtigen Stelle, die Ideen haben genug Platz zur Entfaltung, es gibt wiederkehrende Themen, und auch Dissonanzen werden geschmackvoll eingesetzt (z. B. bei „Disentropy“, bei dem das Tritonus-Intervall eine zentrale Rolle spielt). King-Crimson-Fans kommen erneut auf ihre Kosten, wofür besonders die verzahnten Gitarren von Frédéric L’Epée und Laurent James stehen, und die Minimal-Music-Muster im rund 10-minütigen „Migrations“ fügen sich wunderbar ein. Zwischendurch gibt es drei kurze Interludien, aber letztlich sind es die längeren Stücke, die in Erinnerung bleiben. Den besten Eindruck vom Album vermittelt das höchst komplexe „Collision Course“, bei dem Yang alle Register ziehen.
Top-Track: Collision Course

* * * Matthias Bergert

Stimmen zur Platte: „Irrwitziges Crossover aus Magma-Pomp, Crimson-Ekstase und Renaissance-Idylle – womit das 70s-Pensum wohl erfüllt wäre. Auf ihrem vierten Album wollen die Franzosen um Gitar- rist Frédéric L‘Épée alles und bekommen auch alles!“ CA

„Trotz aller Komplexität entwickeln Yang enorme Sogkraft. Es ist, als stünde man in einer rie- sigen, behaglichen Bibliothek: Man kann sich endlos lange nach winzigen Details umschauen – oder einfach nur die Stimmung genießen.“ BER

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Marast music.com

Barevná cesta do artrockový minulosti, která pochmurný příběhy vypráví pěkně zeširoka.

Před čtením dalších odstavců si je tentokrát užitečný zodpovědět pár rychlejch otázek. Jsou ti po chuti King Crimson cirka mezi Discipline a Red? A co trochu toho Reichiovskýho minimalismu, taky chutná? Pokud ano, můžu poslech Yang doporučit, protože tohle jsou přesně vlivy, ze kterejch se tu čerpá. Přesněji řečeno z nich čerpá francouzskej mozek zodpovědnej za celou tuhle operaci, kytarista Frédéric L’Epée (dříve třeba Shylock nebo Philharmonie, ale s Yang už to táhne takřka dvacet let). A tak jsou svým způsobem Yang cesta do artrockový minulosti. Sází se hlavně na míchání přísně přesnejch brnkaček s atmosférickou riffáží v tmavě červený, tentokrát i s trochou zpěvů, který dají vzpomenout třeba na stájový kolegy Thinking Plague. Díky minimimalistickejm příchutím jde spíš o postupnej růst z kytarovejch kudrlinek než o přímočařejší rockový hymny, chce to trochu trpělivosti a pozornosti, ale Yang se za ní bohatě odmění. Výsledkem jsou výpravný kompozice, který rozvětvený příběhy vyprávěj pěkně zeširoka – pro někoho možná příliš pomalu, nebo příliš ‘akademicky’, za mě zcela v cajku.
Velký dobrý je u Yang budování atmosféry, který se, jak už název napovídá, spoléhá hlavně na pochmurnější, osudovější odstíny. Nosnou roli hrajou ústřední melodie a motivy, který se v různejch obměnách proplétaj skrz celý skladby. V hlavě mi utkvěla hlavně svůdně zlovolná melodie z La Voie Du Mensonge (aka cesty lží), nervní, proměnlivý brnkačky z takřka desetiminutovýho eposu Migrations, anebo zamyšlená melancholie z You Flower. Ale silnejch momentů je tu víc - vzhledem k tomu, jak barevná deska Designed for Disaster je, by si každej fanoušek art rocku měl najít aspoň pár favoritů.

Kotek

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Organ Thing

French composer and guitarist Frédéric L’Épée formed his first serious band, Shylock, while in his teens and waxed two now highly collectible albums with that formation in the mid 70s; moving on to the guitar-centric combo Philharmonie, who existed from 1987-1998 and which produced a further five full-length releases. Since 2004, he has been leading and working with the more ‘rock’ oriented quartet Yang.
Where were we? Half way around the, no, nowhere near the red bats but this has been out for almost a month now and although we have been playing tracks of the radio words have so far, not really flowed, let’s put that right, Yang bang, sweet, no, no, this is good the words and lyrics ans singing were maybe a little unexpected, the music is as hard boiled as ever, never difficult, never awkward,  never at odds with our ears. A new Yang album, do like the shouting of seemingly random words, all the Basquiat-like descriptions of the sounds and  the “Stark”, “Frei”, “Fight”, “Klang”, “Bruit”, and such. And when Ayşe Cansu Tanrikulu sing “properly” they are surprisingly beautiful, surprisingly accessible. This if froent-line forward looking avant prog rock, the real deal, the real stuff, properly progressive in the proper sense without ever being awkward or difficult or way too clever for anyone’s good. 
The European quartet’s fourth release, Designed For Disaster – their second for the consistently rewarding Cuneiform label – is Yang at their best, this is an album alive with musical delight, with rewarding details, does some of it hint at the quieter side of Cardiacs, the way the composition flows, the way it lights up?  The massive five and a bit minutes of  Unisson is pretty much perfect, the whole album is actually, the whole body of work flowing as one big beautiful thing.  Yes, it does “Klang” now and again, but never in an intruding way, it is both a strong album and a delicate album, delicately tough and yes, some of it is a little eerie, and maybe a touch unsettling. Ultimately it is wonderful, ultimately the whole thing is a treat.
“With Designed for Disaster, Frédéric L’Épée’s compositions primarily have their genesis in Baroque music, minimalism, and of course the progressive rock he gravitated towards as a teenager, with King Crimson’s Robert Fripp as his acknowledged influence, but there are passages on Designed For Disaster that sound very much like what Steve Reich might have arrived at had he been writing for two guitars, electric bass, and drums rather than for percussion ensemble”. Not really hearing the minimalism, it sounds almost maximalist to these ears – almost, not quite,  it certainly is alive with details, busy tunes, busy songs, space to breath though, never overworked, never cluttered up, light of touch and yes I guess Crimson and Fripp are positive (vague) reference points, as are classic early Genesis and yes, Cardiacs but really this is like none of them, this really is a very fine rock album, a very fine progressive rock album, a very fine Yang album, a highly recommended one.  This is a delight. 

Sean Worrall

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Autopoietietican - Apuntes de Musica Progressiva Contemporanea

YANG: un nuevo diseño de genial música progresiva

Hoy tenemos el placer de presentar “Designed For Disaster”, el nuevo disco del ensamble francés YANG, el cual fue publicado en la segunda mitad del pasado mes de febrero por el sello Cuneiform Records. Este cuarto conformado por Frédéric L’Epée [guitarras y sintetizador], Laurent James [guitarras], Nico Gomez [bajo] y Volodia Brice [batería] ha hecho algo nuevo aquí, que es incorporar algunas piezas vocales. Es por ello que Ayşe Cansu Tanrikulu aparece en algunos temas de este nuevo álbum, mientras que L’Epée, James y Gomez aportan ocasionalmente coros. El material recogido en “Designed For Disaster” fue grabado en varias locaciones de Berlín, Anthéor, La Turbie y La Ciotat. Específicamente, las pistas de batería fueron registradas en Le Cri de la Tarente Studio, en La Ciotat. El diseño artístico de la portada fue realizado por Jean-Christian Philippart, quien incorporó caracteres de “L’alphabet Imaginaire” de Bruno Mendonça. Como es habitual, todas las composiciones son de L’Épée; además, él compartió con el maestro alemán Markus Reuter las funciones de producción y mezcla de este álbum. Bueno, pasemos ahora los detalles de “Designed For Disaster”.

El disco empieza con ‘Descendance’, una pieza de claro talante ceremonioso y portadora de ciertos tintes ceremoniosos, especialmente en lo que referente al groove signado por la batería. Por su parte, las guitarras plantean una moderada evocación saltarina, siendo así que todo el conjunto suena a un Crimsonismo 80ero con matices añadidos de ART BEARS. Un muy buen comienzo cuyas vibraciones y esquemas expresivos hallan un apropiado eco en la subsiguiente dupla de ‘Collision Course’ y ‘Disentropy’. El primero de estos temas, que instaura un primer cénit para el álbum, exhibe una vivacidad ágil y rotunda, alimentada por ribetes futuristas que son brindados por la secuencia sintetizada con que se da origen a la pieza. El ensamble se pasea por ilaciones entre pasajes aguerridos y otros más contenidos con una fluidez impecable, logrando que este ejercicio de cruza entre jazz-prog, math-rock, tensión al estilo RIO y manierismos de metal experimental brille con un fulgor imponente. El solo de guitarra que guía la senda del clímax conclusivo es simplemente genial. El segundo de estos temas mencionados no se queda precisamente a la zaga. ‘Disentropy’ apuesta por un ahondamiento en climas misteriosos recargados por una recia espiritualidad oscurantista que pone al bloque instrumental en diálogo permanente con la tradición del chamber-rock francófono (ART ZOYD, PRESENT, UNIVERS ZERO) a la hora de diseñar la impacablemente densa ingeniería desde donde se ha de articular el motif central. La idea de colocar algunos pasajes más serenos en el intermedio es muy efectiva a la hora de resaltar la reinante lobreguez. La miniatura ‘Interlude – Golem’ presenta un ejercicio de parcos sobresaltos rockeros seguido de una reposada ambientación que casi coquetea con el estándar post-rockero. A partir de allí, emerge la canción ‘Words’ para instalar una nueva instancia de inquietud oscurantista, esta vez con una mayor explicitación. Los ornamentos corales que acompañan a las parsimoniosas acentuaciones de la dupla rítmica sustentan buena parte de la atmósfera general, muy amenazante de por sí, algo que parece una procesión en un rincón apartado del Limbo. Por su parte, los comedidos fraseos de la primera guitarra procuran añadir una aura palaciega al asunto. Los interludios flotantes vienen bien para plasmar una faz más sutil de la inquietud esencial de la pieza. Otro momento culminante del repertorio.

‘Flower You’ es algo muy diferente a lo que escuchamos anteriormente: se trata de una canción plácida y, en su mayor parte, transmisora de una espiritualidad gentil y reflexiva, aún en aquellos momentos en los que la musculatura sónica aumenta un poco. ‘Unisson’ tiene un prólogo signado por un garbo sereno, el cual anticipa la expansión de vibraciones melancólicas con las que la hermosa maraña de evocativas escalas de las guitarras duales arma el núcleo central de la pieza. Opera aquí un swing jazz-rockero muy etéreo a la hora de sostener la delicada densidad que engloba a todas las moléculas sonoras que van emergiendo hasta el golpe final. La miniatura ‘Miniature – Echo’ establece una especie de continuación de la atmósfera contemplativa y cautivadora que llenó al tema precedente, y eso mismo sirve para abrir campo a la emergencia de ‘Migrations’, pieza que dura casi 10 ¾ minutos y que es la más extensa del álbum. El grupo sabe sacar muy buen provecho del espectro temporal que se ha dispuesto para la ocasión, y lo hace estableciendo una magnificencia sofisticada que no resulta para nada ostentosa. Los desarrollos temáticos que consignan la ilación de motivos que tienen lugar (unos tirando hacia lo flotante, otros tirando hacia una gracilidad comedidamente extravagante) se preservan encapsulados bajo una inteligente estrategia progresiva que da prioridad a las múltiples expansiones armónicas que se amalgaman bajo el poder de las inflexiones compartidas entre las dos guitarras y el bajo. Hay algunos momentos en los que la tensión aumenta, algo idóneo para abrir espacios a algunos solos de guitarra (muy a lo Fripp-con-Frith). Básicamente, lo que hace esta maratón es remodelar el aura de las dos piezas que le precedieron para darle un viraje más fastuoso y más neurótico. ‘La Voie Du Mensonge’ es un tema instrumental que, en su mayor parte, recoge la tensión contenida que tuvo lugar en varios parajes de la pieza precedente y le brinda una renovadora gracilidad sobre un medio tiempo con un compás de 11/8. Tendiendo puentes entre el RIO y el post-rock de una manera novedosa, esta pieza gesta una síntesis de la tensión contenida antes mencionada y el groove principal del tema que abrió el álbum. Algunos riffs filudos aportan matices cañeros al asunto.

Los últimos 8 ½ minutos del álbum están ocupados por la dupla de ‘Interlude – Décombes’ y ‘Despite Origins (En Dépit Des Origines)’. El primer ítem es un interludio de talante abstracto, colateralmente emparentado con el oscurantismo que signó a las piezas #3 y #5. En cuanto a ‘Despite Origins’, éste se caracteriza por desplegar una contundente garra muy similar a la que tuvo lugar en el arrebatado segundo tema del álbum; similar, pero no igual, porque aquí el filo rockero está un poco más domesticado. Es como si el grupo exigiera al oyente a enfocar su atención en la estructura del tema y el modo en que ésta organiza las variantes de vigor expresivo que tienen lugar. El cántico que se explaya sobre las cadencias intermedias resuena como un himno surrealista. Como conclusión, “Designed For Disaster” resulta ser una gran obra musical diseñada para brillar con luz propia dentro del escenario mundial del rock progresivo de nuestros días. La gente de YANG ha salido bien parada de esta labor de reinvención de su visión musical mientras mantiene la consistencia inicial de la misma para la gloria de la escena progresiva del presente año 2022.

César Inca Mendoza Loyola

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Prog Censor

C'est seulement le 4e album de Yang, groupe créé en 2002 par Frédéric L'Epée. L'exigence reste la même, et une surprise réelle est au coin du sillon virtuel. Dès «Descendance», Frédéric et Laurent James ouvrent avec des entrelacs de guitares, façon Fripp/Belew (l'album en est parsemé), mais très vite, grande première: Ayşe Cansu Tanrikulu, une chanteuse intervient dans un registre alternativement jazzy et sériel, complétant un panorama fait de puissance rythmique tellurique et de textures rapides des guitares. L'apport de voix dans 5 morceaux est indéniablement une réussite, et Yang s'offre ainsi une nouvelle dimension: math, polyrythmie, minimalisme + humanité. «Collision Course» et «Disentropy» poursuivent dans la même puissance (style Crimson '74). Puis vient «Golem», l'un des 3 interludes bien nécessaires, comme autant de respirations dans cet album d'une grande densité émotionnelle. La suite «Words» reprend dans un chœur lourd et oppressant (tel Magma), contrebalancé par le lumineux «Flower You», chanté et addictif dans sa progression imparable. «Unisson» propose une lente promenade qui prend peu à peu une ampleur majestueuse. «Migration»: première expo du thème par la basse sur une texture de guitare rapide. Thème repris par la voix chaude quasi jazzy. Mais ce serait trop simple, les rythmes se font mouvants, les patterns de guitares instables et, de manière implacable, le morceau ne nous lâchera qu'après 10 minutes denses. Délivrés mais totalement hébétés, empruntons «La Voie Du Mensonge». Sa cloche qui appelle les fidèles, ses guitares trémolos se répondent de manière inquiétante sur un tempo oppressant parfaitement servi par Volodia Brice (batterie) et Nico Gomez (basse). «Décombres», un superbe soundscape enossifié, offre une dernière respiration de 2 minutes, avant de finir en apnée avec «Despite Origin». De Bach à l'infini, cette ultime pièce magnifiquement ciselée finit dans une litanie, confiteor ou credo «pour toi» du quintet composé par un Kapellmeister du 21e siècle. Implacable, absolu.
INDISPENSABLE.

Cicero 3.14 (Philippe Isèbe)

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